Souffrir

Quel malheur de ne pas savoir de quoi l’avenir sera fait ; quel bonheur de vivre dans le présent sans regrets et sans contrefaçon. La même musique qui résonne sans cesse dans la boite crânienne et pourtant personne avec qui danser. Un amour perdu n’est jamais enterré et demande de temps en temps d’être ressuscité avec une voracité d’ogre affamé. Tu es à poil et sans défense devant l’ouragan qui se déferle sans pitié et fait resurgir des souvenirs mélangés de malbonheur. Un monde de rêves et de cauchemars, de regrets et de remords envahit tes pensées jusqu’au tréfonds de ton être sans échappatoire possible et sans veste de sauvetage. On est noyé, mais on respire, on est en coma, mais on bouge, avec des mouvements saccadés d’animal saigné à mort. Et ensuite, le silence se met à siffler dans ta tête et comme dans un tour de passe-passe, la monotonie de la vie refait surface comme si rien ne s’est passé, en attendant la vague suivante. Les poils hérissés sur ton dos, tu lâches un dernier soupir et tu te lances dans la routine. Pauvre créature, méchant créateur ; la tragi-comédie de l’existence.

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