Et maintenant, je n’arrive pas à me concentrer dans mon travail. Je suis en train de rêver avec les yeux ouverts. Une sorte de nostalgie me harcèle depuis quelques jours ou c’est pur et simple de la paresse. J’avais toujours soutenu que l’homme est paresseux dans son essence. Le travail qu’il fait ou que la société lui impose n’est qu’une sorte de besoin de reconnaissance de ses semblables. Ou pour pouvoir subvenir à ses besoins et à ceux de ses proches. Que du malheur…et si on arrête de jouer cette comédie et on se dévoile tel qu’on est. Est-ce que le monde sera meilleur ou on va juste changer les décors? Je regarde la montre et un sentiment d’impuissance face à l’inexorable perte du temps m’effleure la conscience. On est seuls dans ce monde cruel où chacun essaie d’arnaquer son destin par manque de courage nécessaire pour une confrontation. Que cela nous plaise ou pas, on a choisi notre prison, chacun à ses goûts ; avec plus d’ornements pour cacher les barreaux de fer ou plus spartiate pour nous mystifier le sacrifice de notre liberté. On est maîtres dans cet art de l’improvisation des excuses jetées à bout de champ pour faire taire le son des traces de rampant dans le tracas quotidien de la vie. Mais notre regard garde le souvenir des clôtures que nul ne puisse effacer de notre rétine.
Paresse